Diplomatie : le Canada ajuste sa position sur le Sahara marocain

Ottawa considère désormais l’initiative d’autonomie portée par le Maroc comme une option crédible pour sortir de l’impasse, tout en réaffirmant son attachement au cadre des Nations unies.

Le positionnement diplomatique canadien sur le dossier du Sahara occidental connaît une évolution notable. À l’issue d’un échange entre la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, et son homologue marocain, Nasser Bourita, Ottawa a indiqué voir dans le plan d’autonomie proposé par Rabat une base de discussion « sérieuse et crédible » en vue d’un règlement.

Dans sa communication officielle, le gouvernement canadien souligne toutefois que cette orientation s’inscrit pleinement dans la continuité des efforts internationaux. Il réaffirme son attachement au processus multilatéral conduit sous l’égide des Nations unies, en référence notamment à la Résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies. L’objectif affiché reste l’émergence d’une solution politique durable, équilibrée et conforme au droit international.

Sans franchir le pas d’une reconnaissance formelle de la souveraineté marocaine sur ce territoire, le Canada met néanmoins en avant l’approche d’autonomie comme levier pragmatique pour relancer les négociations. Ce glissement progressif traduit une volonté d’encourager des avancées concrètes dans un dossier enlisé depuis des décennies.

Cette prise de position intervient alors que les relations entre Ottawa et Rabat connaissent un regain d’intensité, avec en perspective une visite officielle de la cheffe de la diplomatie canadienne au Maroc. Ce déplacement devrait permettre d’élargir la coopération bilatérale et d’aborder plus largement les enjeux régionaux.

En parallèle, les lignes de fracture demeurent. Le Front Polisario, appuyé par l’Algérie, continue de défendre la tenue d’un référendum d’autodétermination, en contradiction avec la vision marocaine d’une autonomie sous souveraineté nationale.

En se rapprochant ainsi de la position de Rabat, tout en maintenant son engagement envers le cadre onusien, le Canada s’inscrit dans une tendance internationale plus large. Cette inflexion, mesurée mais significative, pourrait contribuer à redéfinir les dynamiques des futures négociations.

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