RCA : à Bria, l’ONU appelle à préserver les acquis de paix et à renforcer la stabilité dans la Haute-Kotto

En déplacement à Bria, la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies en République centrafricaine, Valentine Rugwabiza, a réaffirmé l’engagement de la MINUSCA à accompagner les autorités centrafricaines dans la consolidation de la paix, le renforcement de la sécurité et le rétablissement durable de l’État. Face aux responsables administratifs, aux élus et aux représentants des communautés, elle a insisté sur la nécessité de transformer les progrès enregistrés dans la préfecture de la Haute-Kotto en améliorations tangibles pour les populations, malgré les défis liés à la réorganisation du dispositif de la Mission.

La Haute-Kotto, un territoire à stabiliser durablement

La consolidation de la paix en République centrafricaine passe notamment par le maintien des avancées sécuritaires et le renforcement de la présence de l’administration publique dans les zones autrefois fragilisées par les conflits armés. C’est dans cette perspective que Valentine Rugwabiza a échangé avec les forces vives de la Région Fertit, lors de sa visite à Bria, chef-lieu de la préfecture de la Haute-Kotto.

Au centre des discussions figurait la nécessité de consolider les acquis obtenus grâce à la coopération entre le gouvernement centrafricain, la MINUSCA, les autorités locales et les communautés. Pour la cheffe de la Mission onusienne, les résultats enregistrés ces dernières années doivent désormais se traduire par des changements concrets dans le quotidien des habitants. Elle a ainsi rappelé que la Haute-Kotto devait rester une priorité pour l’ensemble des acteurs engagés dans le processus de stabilisation du pays.

Cette démarche repose sur une approche associant sécurité, gouvernance locale, cohésion sociale et relance des activités économiques, autant de facteurs considérés comme essentiels pour prévenir le retour de l’instabilité.

Ouandja-Kotto, un exemple de retour progressif à la paix

Parmi les évolutions mises en avant au cours de cette rencontre, la situation de la sous-préfecture de Ouandja-Kotto témoigne du chemin parcouru dans certaines localités de la région. Après plus de quinze années d’insécurité, un processus de normalisation s’est progressivement engagé à partir de 2022, avant de bénéficier d’un nouvel élan en 2023, à la suite d’une visite conjointe du Premier ministre centrafricain et de la Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU.

Les efforts déployés ont notamment porté sur le renforcement de la sécurité, le retour des services de l’État et la mise en œuvre de projets destinés à soutenir les communautés. Ces initiatives ont contribué à favoriser la reprise des activités socio-économiques et à recréer des conditions plus propices au vivre-ensemble.

Pour les acteurs présents à Bria, la préservation de ces avancées demeure toutefois un enjeu majeur. La stabilisation ne saurait se limiter à une amélioration ponctuelle de la situation sécuritaire : elle nécessite également des institutions fonctionnelles, des services publics accessibles et une implication durable des populations dans la recherche de solutions à leurs difficultés.

Les autorités locales saluent les résultats de la coopération

Le gouverneur de la Région Fertit, Thierry Evariste Binguinendji, a mis en avant le rôle joué par le partenariat entre les institutions centrafricaines et la MINUSCA dans l’évolution de la situation régionale. Selon lui, cette coopération a contribué à relever plusieurs défis sécuritaires et administratifs, tout en facilitant le retour progressif de l’autorité de l’État dans les différentes localités.

Le redéploiement des préfets, des sous-préfets et d’autres agents publics constitue, à ses yeux, un indicateur important des progrès accomplis. Il a également évoqué les projets à impact rapide, les actions en faveur de la cohésion sociale, les initiatives de réduction de la violence communautaire et les patrouilles conjointes conduites avec les Forces de défense et de sécurité nationales.

À ces interventions s’ajoute l’appui apporté par la MINUSCA à l’organisation des élections présidentielle, législatives, régionales et locales du 28 décembre 2025. Le gouverneur a présenté cette contribution comme un élément ayant participé au renforcement de la stabilité institutionnelle.

La rencontre, qui a réuni plus de 200 participants, a permis de souligner l’importance de maintenir cette dynamique et de veiller à ce que les efforts engagés produisent des effets durables sur le terrain.

La MINUSCA appelée à maintenir son accompagnement

Les cinq députés de la Haute-Kotto, les maires, les responsables administratifs ainsi que les représentants des autorités religieuses et traditionnelles, des femmes et des jeunes ont exprimé leur attachement à la poursuite de l’accompagnement de la MINUSCA.

Au-delà des progrès déjà réalisés, les participants ont insisté sur la nécessité de consolider les mécanismes de prévention des conflits et de renforcer les capacités des institutions locales. La décentralisation et l’amélioration de la gouvernance territoriale apparaissent notamment comme des leviers importants pour rapprocher l’administration des citoyens et favoriser une meilleure prise en compte des préoccupations communautaires.

Valentine Rugwabiza a, pour sa part, réaffirmé la volonté de la Mission de continuer à soutenir les efforts du gouvernement centrafricain. Elle a cependant rappelé que la réussite de cette entreprise dépendait d’une mobilisation collective, impliquant aussi bien les autorités que les populations.

L’appropriation locale des initiatives de paix constitue ainsi un enjeu central : les solutions doivent être portées conjointement par les institutions et les communautés afin de répondre aux réalités spécifiques de chaque territoire.

La réduction des effectifs, une préoccupation pour la stabilité

La réorganisation du dispositif de la MINUSCA et la réduction de ses effectifs militaires, policiers et civils ont également été abordées au cours des échanges. Pour les autorités locales, cette évolution suscite des préoccupations quant à la capacité de maintenir les résultats obtenus dans un environnement encore exposé aux risques sécuritaires.

Le gouverneur Thierry Evariste Binguinendji a reconnu les difficultés engendrées par ces ajustements, tout en estimant que les relations de confiance entre les populations, les autorités et le bureau régional de la Mission avaient contribué à en atténuer les effets. Il a néanmoins mis en garde contre le risque d’une détérioration de la situation si les acquis ne bénéficient pas d’un suivi suffisant.

En réponse à ces inquiétudes, la Représentante spéciale a indiqué que l’évaluation menée dans la région ne faisait pas apparaître de recul des progrès enregistrés en matière de sécurité, de protection des civils et d’extension de l’autorité de l’État. Elle a ainsi voulu rassurer ses interlocuteurs sur la capacité des acteurs concernés à préserver les résultats obtenus malgré la réorganisation de la Mission.

Cette appréciation souligne toutefois l’importance de maintenir une vigilance constante et de poursuivre la coordination entre les forces nationales, les autorités administratives, la MINUSCA et les communautés locales.

Un appui matériel aux collectivités territoriales

En marge de cette visite consacrée aux enjeux de paix et de gouvernance, Valentine Rugwabiza a procédé à la remise de véhicules au gouverneur de la Région Fertit ainsi qu’aux maires de Bria et de Ouandja-Kotto.

Cette dotation vient accompagner les efforts des responsables locaux dans l’exercice de leurs missions et dans le suivi des actions engagées au niveau territorial. Elle s’inscrit dans une démarche visant à soutenir le fonctionnement des institutions de proximité et à renforcer leur capacité d’intervention auprès des populations.

Au terme de son déplacement, la cheffe de la MINUSCA a lancé un nouvel appel à la mobilisation collective pour préserver les acquis et consolider durablement la paix dans la Haute-Kotto. Le défi reste désormais de transformer les avancées sécuritaires et institutionnelles en progrès durables, capables d’améliorer les conditions de vie des habitants et de réduire les risques d’un retour aux violences.

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