RCA : Finn Church Aid intensifie ses actions pour renforcer la cohésion sociale et prévenir les conflits communautaires

Face aux défis persistants liés au retour des populations déplacées et aux tensions récurrentes autour de la transhumance, l’ONG Finn Church Aid (FCA) et ses partenaires renforcent leur engagement en faveur de la paix en République centrafricaine. Réunis à Bangui lors d’un atelier stratégique, les différents acteurs impliqués dans la consolidation de la paix ont défini les grandes orientations du projet « Droit à la Paix » pour l’année 2026, avec l’ambition de promouvoir le dialogue, l’inclusion et la coexistence pacifique au sein des communautés.

La consolidation de la paix demeure l’un des principaux enjeux de la République centrafricaine, particulièrement dans un contexte marqué par les mouvements de populations et les tensions liées à l’accès aux ressources naturelles. Pour répondre à ces défis, l’ONG Finn Church Aid (FCA), avec l’appui du ministère finlandais des Affaires étrangères, a lancé les activités 2026 de son projet « Droit à la Paix » à travers un atelier d’orientation organisé à Bangui.

Cette rencontre a rassemblé un large éventail d’acteurs engagés dans la prévention des conflits et la promotion du vivre-ensemble. Parmi eux figuraient les comités locaux de paix, les autorités traditionnelles, les leaders religieux, ainsi que des représentants des ministères concernés par les questions humanitaires, environnementales et communautaires.

L’objectif principal de cette initiative est de renforcer les mécanismes locaux de prévention des conflits tout en favorisant l’intégration des réfugiés et des déplacés de retour dans leurs communautés d’origine ou d’accueil. Le projet ambitionne également de lutter contre les discours de haine et de soutenir les initiatives citoyennes portées par les jeunes et les organisations communautaires.

Selon les responsables du programme, les évaluations menées au cours de l’année précédente ont mis en évidence plusieurs défis majeurs. Parmi eux figure la difficulté d’acceptation de certaines personnes retournées après des années d’exil ou de déplacement forcé. Dans plusieurs localités, leur réintégration continue de susciter des incompréhensions et parfois des tensions avec les populations résidentes.

À cette problématique s’ajoute celle de la transhumance. Le retour progressif des éleveurs dans certaines régions du pays entraîne régulièrement des différends entre agriculteurs et éleveurs, notamment autour de l’utilisation des terres, des couloirs de passage du bétail et des ressources en eau. Ces tensions constituent aujourd’hui l’une des principales sources de conflits communautaires dans plusieurs préfectures.

Pour répondre efficacement à ces enjeux, Finn Church Aid prévoit d’intervenir dans plusieurs zones considérées comme prioritaires. Les activités seront notamment déployées à Bouboui et Samba, mais également dans les localités de Baboua, Baoro et Mongoumba, où les besoins en matière de médiation sociale et de renforcement de la cohésion communautaire demeurent importants.

La stratégie adoptée repose essentiellement sur une approche participative. Plutôt que d’élaborer des solutions depuis les centres administratifs, l’organisation privilégie le dialogue direct avec les populations concernées. Les comités locaux de paix et de réconciliation sont ainsi mobilisés pour recueillir les préoccupations des habitants, identifier les causes profondes des tensions et proposer des réponses adaptées aux réalités du terrain.

Cette démarche vise à placer les communautés au cœur du processus de résolution des conflits. En favorisant l’écoute, la concertation et la participation citoyenne, les acteurs du projet espèrent instaurer un climat de confiance durable entre les différentes composantes de la société centrafricaine.

À travers cette nouvelle phase du projet « Droit à la Paix », Finn Church Aid et ses partenaires entendent contribuer à la création d’espaces de dialogue capables de prévenir les crises locales avant qu’elles ne dégénèrent. L’ambition est également d’accompagner le retour des populations déplacées dans des conditions favorisant la réconciliation, la stabilité et le développement local.

Dans un pays encore confronté aux séquelles de plusieurs années de conflits, cette initiative apparaît comme un levier essentiel pour consolider la paix à la base et renforcer le vivre-ensemble au sein des communautés.

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