
Réunis à Bangui du 23 au 25 septembre 2026, les membres du Comité technique intersectoriel du recensement examinent les premiers résultats du quatrième Recensement général de la population et de l’habitation. Encore soumis à validation, ces résultats doivent permettre de mieux cerner les réalités démographiques et socio-économiques de la Centrafrique et d’affiner la planification des politiques publiques.
Le quatrième Recensement général de la population et de l’habitation (RGPH-4) entre dans une nouvelle phase. Sous la conduite du ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, l’Institut centrafricain des statistiques et des études économiques et sociales (ICASEES) réunit à Bangui, du 23 au 25 septembre 2026, le Comité technique intersectoriel du recensement (CTIR) afin d’examiner les résultats provisoires de cette vaste opération statistique.
Cette étape intervient avant la diffusion officielle des données. Pour les responsables de l’ICASEES, il s’agit notamment de soumettre les résultats aux différentes parties prenantes afin d’en vérifier la cohérence et de consolider les données avant leur publication.
Président du conseil d’administration de l’ICASEES et chargé de mission en matière de statistiques au ministère de l’Économie, Bienvenu Gustave Semngai a rappelé que les chiffres présentés au cours de la réunion ne constituent pas encore les résultats définitifs. Leur examen par le comité technique doit permettre de respecter les exigences méthodologiques et de sécuriser le processus de validation.
Une opération à vocation stratégique
Au-delà du simple décompte de la population, le RGPH-4 doit fournir à l’État des données actualisées sur la répartition et les caractéristiques des habitants du pays. Ces informations sont appelées à servir de référence pour la conception, le suivi et l’évaluation des politiques publiques dans des secteurs tels que la santé, l’éducation, les infrastructures, l’emploi ou encore la protection sociale.
La rencontre de Bangui réunit ainsi des représentants de l’administration publique, de la société civile, des institutions internationales ainsi que des partenaires techniques et financiers. Parmi ces derniers figurent notamment le HCR, l’UNFPA, le PNUD et la Banque mondiale, dont l’appui financier et technique a contribué à la réalisation du recensement.
Le représentant du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a, pour sa part, insisté sur l’importance de disposer de données suffisamment précises sur les différentes catégories de population. L’enjeu concerne notamment les personnes déplacées de force et les populations exposées aux risques d’apatridie.
De telles données doivent permettre de mieux identifier les besoins, mais aussi de favoriser la prise en compte de ces populations dans les programmes et politiques nationaux.
Une couverture annoncée à 104,1 %
Au cours des travaux, l’ICASEES a également dressé le bilan des différentes opérations déjà conduites dans le cadre du RGPH-4. Selon les données présentées aux participants, la collecte a atteint un taux de couverture global de 104,1 %.
Cette performance n’a toutefois pas été obtenue sans difficultés. Le recensement, initialement réalisé du 8 décembre 2025 au 31 janvier 2026, a été complété par une opération de rattrapage de 22 jours organisée en mai 2026.
Cette phase supplémentaire visait à corriger certaines insuffisances constatées au cours de la collecte initiale. Il s’agissait notamment de retrouver des ménages qui n’avaient pas été recensés, de vérifier certains logements considérés à tort comme inhabités, d’intégrer des villages, campements ou sites nouvellement identifiés et de corriger les éventuelles sous-estimations des ménages.
Le diagnostic de couverture réalisé à partir de 7 571 aires de dénombrement (AD) a permis d’identifier plusieurs zones nécessitant une intervention complémentaire. Parmi elles, 1 577 AD affichaient une couverture inférieure ou égale à 80 %, tandis que 518 autres se situaient autour de 50 %.
Sur cette base, 58 communes ont été retenues pour le rattrapage. L’opération a mobilisé 1 036 agents recenseurs, auxquels se sont ajoutés 100 agents spécialisés dans les technologies de l’information et de la communication et 20 administrateurs informatiques.
Des contraintes de sécurité et d’accès
L’opération a néanmoins été confrontée à plusieurs contraintes, notamment dans les zones difficiles d’accès. Les conditions sécuritaires dans certaines localités, auxquelles se sont ajoutées les difficultés de déplacement liées à la saison des pluies, ont compliqué le déroulement de certaines activités.
L’Enquête post-censitaire (EPC), qui devait normalement permettre d’évaluer la qualité et l’exhaustivité du dénombrement, n’a finalement pas été réalisée. Les responsables expliquent cette décision par la combinaison des contraintes sécuritaires, des difficultés d’accès à certaines zones et de la nécessité de privilégier le traitement et l’exploitation des données disponibles afin d’accélérer le processus de publication.
Cette situation constitue l’un des points examinés par le comité technique, alors que l’ICASEES poursuit le travail de consolidation statistique.
Dernière ligne droite avant les résultats définitifs
Avec cette réunion du CTIR, le RGPH-4 franchit donc une étape supplémentaire vers la publication de ses résultats. Les chiffres présentés restent provisoires et doivent encore faire l’objet des vérifications et validations nécessaires avant leur communication officielle.
Une fois finalisées, ces données devraient constituer une base de référence pour mieux mesurer les évolutions démographiques de la République centrafricaine et orienter les choix des pouvoirs publics.
Pour l’ICASEES et ses partenaires, l’enjeu est désormais de garantir la fiabilité des résultats avant leur diffusion, afin que le RGPH-4 puisse pleinement jouer son rôle d’outil d’aide à la décision et de planification du développement national.