
À Bangui, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et la Croix-Rouge centrafricaine réunissent les autorités nationales autour du droit international humanitaire (DIH). L’atelier vise à traduire les engagements pris au niveau international en mesures concrètes pour mieux protéger les civils et les personnes affectées par les conflits armés.
Le renforcement du droit international humanitaire était au cœur des échanges ce mercredi à Bangui. À l’initiative du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), en partenariat avec la Croix-Rouge centrafricaine (CRCA), les représentants des autorités nationales ont été sensibilisés aux enjeux liés au respect et à la mise en œuvre effective des règles qui encadrent la conduite des hostilités et la protection des personnes touchées par les conflits.
Dans un contexte où les populations civiles restent particulièrement exposées dans les zones affectées par les violences armées, le CICR entend replacer le DIH au centre des préoccupations institutionnelles. Ce corpus de règles vise notamment à protéger les civils, les personnes hors de combat et les biens indispensables à leur survie, tout en encadrant les moyens et méthodes de guerre.
Transformer les engagements en actions
La rencontre de Bangui s’inscrit notamment dans le prolongement de la 34e Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, organisée à Genève en 2024. Les participants ont ainsi été invités à examiner les décisions adoptées lors de cette conférence et à réfléchir aux modalités de leur mise en œuvre au niveau national.
L’autre volet important des discussions concerne l’Initiative mondiale pour revitaliser l’engagement politique en faveur du DIH. Lancée en septembre 2024 par le CICR avec le Brésil, la Chine, la France, la Jordanie, le Kazakhstan et l’Afrique du Sud, cette démarche cherche à mobiliser davantage les États autour du respect des règles humanitaires et à favoriser leur application effective.
Pour le CICR, l’enjeu ne se limite donc pas à l’adoption de textes ou à la réaffirmation de principes. Il s’agit surtout de faire passer les engagements internationaux dans la pratique, notamment à travers une meilleure prévention des violations du DIH, la protection des infrastructures civiles et des établissements de santé, ainsi que la prise en compte du lien entre respect du droit humanitaire et construction de la paix.
Kelnor Panglungtshang, chef de délégation du CICR en République centrafricaine, souligne cette volonté de rapprocher les engagements internationaux des réalités nationales.
« Cet atelier est dans le cadre du renforcement du droit international humanitaire, mais aussi des décisions qui ont été prises pendant la 34e Conférence internationale du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge », explique-t-il, en insistant sur la nécessité de renforcer le respect du DIH.
Bangui invité à rejoindre l’initiative mondiale
Au-delà des présentations et des échanges institutionnels, la rencontre a également permis d’aborder les difficultés auxquelles est confronté le droit international humanitaire dans les zones de conflit. Les participants ont notamment discuté de la protection des populations civiles et des défis liés à l’application des règles humanitaires dans différents théâtres de crise.
Selon Kelnor Panglungtshang, ces échanges doivent permettre de mieux cerner les enjeux auxquels le DIH est confronté aussi bien en Centrafrique qu’à l’échelle internationale. Il encourage notamment les autorités centrafricaines à adhérer à l’Initiative mondiale, déjà soutenue, selon le CICR, par 27 pays africains.
« Nous encourageons le gouvernement à rejoindre l’initiative qui est déjà dans 27 pays africains et aussi à soutenir la promotion et le respect du droit international humanitaire », affirme le responsable du CICR.
La Croix-Rouge centrafricaine entend, elle aussi, contribuer à cette dynamique. Son président national, le pasteur Antoine Mbao Bogo, rappelle que les conséquences des conflits touchent en premier lieu les populations.
« De nos jours, il y a trop de conflits et ceux qui souffrent sont les hommes, les femmes et les enfants », relève-t-il. Pour lui, la connaissance du DIH et des responsabilités qui en découlent doit être renforcée auprès de l’ensemble des acteurs concernés.
La CRCA, dont la mission est notamment d’assister les personnes vulnérables et affectées par les crises, entend ainsi poursuivre son travail de sensibilisation et de protection sur le terrain.
À travers cet atelier, le CICR et la Croix-Rouge centrafricaine cherchent donc à faire de la Centrafrique un acteur davantage engagé dans la promotion du droit international humanitaire. L’objectif affiché est de renforcer la protection des populations vulnérables et de contribuer, au niveau national, à la transformation des engagements pris à Genève en actions susceptibles d’améliorer concrètement la situation des personnes exposées aux conséquences des conflits armés.